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Sauvetages de batraciens 2025 : le bilan


Un grand merci à toutes et tous pour votre implication de cette année, lors de longues soirées humides (ou assez sèches !), sur les bords de route. Merci aussi pour vos encodages de données sur observations.be (ils ont beaucoup augmenté !). Enfin, merci pour vos réponses au formulaire d’évaluation. Place au bilan de la saison.

Cette année, l’implication citoyenne a battu des records. De plus en plus de personnes savent qu’il faut signaler l’existence des sites de sauvetages. De nombreux sites ont donc été créés cette année. Pour les habitué·es, vous le savez, s'investir dans le sauvetage des batraciens demande beaucoup d’endurance sur plusieurs semaines. Vos témoignages montrent votre énorme motivation pour sauver les amphibiens : “Au summum du pic, les volontaires ont passé une bonne partie de la nuit sur le site (de 18h30 à 1h30). Quelle motivation !!!!” ou encore “Et le site dépendait beaucoup de Jeannick qui passait seule tous les matins à 5h30”. Sur certains sites, les volontaires ont assuré 21 soirées de sauvetage sur la saison.


 

L'édition 2025 en quelques chiffres

 

En fin de saison, vous étiez 213 volontaires à organiser des sauvetages et à être repris·es comme contacts sur la carte pour un ou plusieurs sites. Par ailleurs, plus de 470 personnes reçoivent “la dépêche des organisateurs”. Selon vos évaluations, plus de 1.100 volontaires participent aux sauvetages, dont environ 115 à Bruxelles. 

Cette année, le début de la saison 2025 a été moins précoce qu’en 2024. Les batraciens ont commencé à migrer dans le courant du mois de février, voir en mars sur certains sites. Contrairement aux deux années précédentes, vous êtes une majorité à constater une augmentation des traversées sur vos sites, par rapport aux chiffres de l’année dernière. De plus, vous nous avez signalé des traversées impressionnantes de tritons sur plusieurs sites (pour plus d’infos, lisez la dépêche de fin février). 

Enfin, cette saison a été plus sèche que la précédente et plusieurs d’entre vous ont constaté des traversées lors de soirées douces mais très sèches. À garder en tête pour l’année prochaine !

Actuellement, 439 sites migratoires sont répertoriés sur notre carte interactive, dont 27 sites à Bruxelles. La plupart des sites sont aussi répertoriés sur observations.be dans “Projets”, “Amphibiens sur la route” (la création des sites est en cours). C’est sur ce site que vous encodez les données des sauvetages.

Selon les encodages sur observations.be (Projet “Amphibiens sur la route”) :

  • 92.280 batraciens ont été sauvés.
  • 7.908 batraciens ont été retrouvés morts.

Selon vos réponses au formulaire d’évaluation :

  • 108.822 batraciens ont été sauvés, dont 92.763 en Wallonie et 16.059 à Bruxelles.
  • 8.193 batraciens ont été retrouvés morts.

 

Au vu des encodages, le crapaud commun reste l’amphibien le plus concerné par les migrations. On retrouve la grenouille rousse et les différentes espèces de tritons, en grand nombre cette année.

Nous avons reçu un peu moins de réponses au formulaire d’évaluation cette année, mais vous êtes de plus en plus nombreux·ses à encoder vos données sur observations.be. C’est extra ! Le nombre de sites répertoriés et les chiffres des traversées augmentent. En 2025, 14 sites supplémentaires ont été concernés par des encodages par rapport à 2024. Au total, toutes années confondues, il y a eu des encodages sur 219 sites. L’encodage des données sur observations.be est le meilleur moyen de suivre l’évolution des populations de crapauds communs, d’année en année.

Une tendance à l’augmentation des traversées sur certains sites

Cette année, il y a eu une augmentation des traversées sur la majorité des sites évalués, par rapport à l’année dernière. Mais on sait que la tendance générale reste une diminution des populations (et donc des migrations). De plus, certains sites autrefois importants ne voient plus du tout de traversées. 

Les raisons supposées de cette augmentation sur certains sites sont la saison humide de 2024 avec peut-être plus de naissances d’amphibiens, la mobilisation des volontaires avec plus de présence sur le terrain ou une présence depuis plusieurs années. Les autres raisons évoquées sont le placement ou l'amélioration de barrages temporaires ou encore la fermeture de routes.

Un organisateur témoigne : “Une soirée à plus de 2200 individus, rien que ça !”

Pour les sites sur lesquels une diminution des traversées est observée, les raisons évoquées sont la prédation par le raton-laveur ou le sanglier, des travaux impactant les habitats des amphibiens, les déviations de routes qui augmentent le passage sur les routes concernées par la migration, le manque de limitations de vitesse et de leur respect, le manque de volontaires et la difficulté de s’organiser notamment à cause des conditions climatiques changeantes. Enfin, le manque de pluie de cette saison est aussi soulevé.

Les différents acteurs des sauvetages

La majorité d’entre vous travaille avec leur commune (Service environnement, Éco-conseiller.e, responsable développement durable, PCDN, Syndicat d’initiative). Dans certains cas, c’est la commune qui organise les sauvetages. Dans d’autres cas, elle soutient très activement les volontaires pour la pose des panneaux de signalisation sur les voiries, pour la communication auprès du grand public et le recrutement de volontaires ou encore pour la participation à l’installation d’un barrage temporaire. Sur certains sites, vous déplorez encore le manque d’implication de la commune.

Les communes sont un partenaire fondamental des sauvetages de batraciens ; leur aide est précieuse. Le nombre de communes qui s’impliquent continue d’augmenter. N’hésitez pas à nous faire part de toute bonne collaboration inspirante avec votre commune, mais aussi à revenir vers nous en cas de blocage et de difficulté. Si votre commune ne reçoit pas la dépêche des sauvetages, n’hésitez pas à leur proposer de s’inscrire, via cette page.

La plupart d’entre vous travaille aussi avec des associations locales ou de plus grandes associations comme les parcs naturels, les contrats de rivière ou encore les CNB et Natuurpunt. Les parcs naturels sont de plus en plus impliqués et certains coordonnent tous les sauvetages sur leur territoire. Certains travaillent avec Bruxelles-Environnement, avec le Département de la Nature et des Forêts de la Région wallonne (DNF) ou la Fédération rurale de Wallonie (FRW). Plus vous avez de partenaires, plus la charge de travail pourra être répartie et plus vous pourrez être rejoints par de nouveaux volontaires. Vous êtes peu à n’avoir pas développé de partenariat.

 

Certains sites sont pris en charge par des étudiant·es et ielles sont de bonnes personnes-ressources : “Nous avons organisé des formations de reconnaissance à la faculté, accompagnées d'une présentation du projet de Natagora, ainsi que de la situation des amphibiens dans le monde et en Belgique. De nombreux étudiants ont manifesté leur intérêt, avec au moins une trentaine de participants, dont la plupart étaient présents pour la première sortie.

Vous témoignez aussi de l’efficacité de créer un groupe fermé sur les réseaux sociaux pour organiser les sauvetages ou de l’efficacité du porte-à-porte pour sensibiliser les riverains et recruter des volontaires.

Les points noirs de la saison 2025 : l’insécurité et l’agressivité

Le problème de l’insécurité sur les routes, dû à la nuit, aux incivilités, à la vitesse élevée des automobilistes et au non-respect de la limitation de vitesse à 30km/h (quand il y en a une), reste un frein essentiel des sauvetages. Certains panneaux ou barrières sont arrachés et jetés au sol. Vous êtes plusieurs à demander une réduction de la vitesse sur votre site (panneau de limitation à 30km/h, casse-vitesse, rétrécissement de voiries…) ainsi que plus de soutien de la police locale (passages sur les sites en soirée) et de votre commune dans ce domaine. Vos anecdotes témoignent des dégâts de la vitesse : “Certains conducteurs ont un comportement très dangereux en faisant des écarts en direction des volontaires” 

C'est la première fois en 7 ans que nous avons "déposé plainte" pour conduite dangereuse de la part de deux automobilistes.

Étonnant, le nombre d'animaux morts qui ne semblent pas écrasés mais soufflés par le passage de véhicules qui roulaient sans doute à vives allures !”. Certains sites ne sont plus pris en charge, à cause de la dangerosité liée à la route. Enfin, deux volontaires ont subi une agression physique en 2025. Nous prenons tous vos témoignages en compte et nous continuons à travailler sur l’insécurité routière.

Par contre, d’autres anecdotes témoignent de l’évolution des mentalités et de la solidarité : “Après 4 ans de présence sur ce site, de plus en plus de conducteurs commencent à ralentir, s'étant habitués à notre présence. Certains nous souhaitent même "bon sauvetage", ça fait plaisir :-) ET il y a de plus en plus de bénévoles, dont des étudiants de la Haute École Condorcet qui viennent pour réaliser un inventaire dans le cadre de leurs études, puis qui reviennent volontairement les années suivantes.“ 

Les grenouilles rousses étaient tellement nombreuses que des automobilistes sont sortis de leurs voitures pour nous aider à les faire traverser.

À nouveau, vous aimeriez aussi plus de communication au niveau des médias et du grand public. Pour la communication auprès du grand public, Natagora sollicite la presse via un communiqué, diffuse un spot radio et des encarts. Pour la communication au public local, vous et les communes êtes le mieux placé·es pour agir. Nous mettons des outils à votre disposition via le dossier partagé, visible ici. N’hésitez pas à les décliner pour votre site. Sachez que des volontaires profitent notamment des journées de l’arbre pour tenir un stand dans leur commune et informer les citoyen·nes des migrations et des sauvetages. N’hésitez pas à faire la demande à votre commune. Nous vous fournissons le flyer à distribuer afin de sensibiliser les citoyen·nes.

Vous êtes plusieurs à demander un plus grand investissement des pouvoirs publics. C’est un travail constant que nous faisons avec la Région wallonne, Bruxelles Environnement et les communes. 

 

Quelques actions clés en 2025

Deuxième édition : l’action “Sécurité sur les routes”

Pour répondre au problème d’insécurité sur les routes, les 11 et 12 février, 2 actions ont été organisées sur 2 sites de sauvetage. Il s’agit de se poster sur la route, au niveau d’un site de sauvetage, avec l’aide de la police et avec la signalisation en place. La police arrête les voitures. Les volontaires peuvent expliquer l'importance de respecter la limitation de vitesse et donner le flyer aux automobilistes. Plus de 250 automobilistes ont été sensibilisés aux migrations et à votre présence sur les routes. La presse était un peu plus au rendez-vous cette année ! La Dernière Heure est venue interviewer l’équipe de volontaires à Haut-Ittre (article lisible via ce lien). Notele a fait un reportage à Bernissart, à visionner via ce lien. Merci aux volontaires, aux polices locales, aux communes et au Parc naturel des Plaines de l’Escaut, présent·es sur les routes ces deux soirs ! Plus de volontaires de sites de sauvetages ont souhaité organiser cette action, mais il arrive souvent que la police et/ou la commune refuse de s’y engager, vu la mobilisation en soirée que cela demande. Continuons à tenter d’organiser de telles actions : jusqu’à ce jour, elles restent le meilleur moyen de toucher les automobilistes là où ils sont, sur les routes !

 

Une journée à Bruxelles réunissant les acteurs des sauvetages

Une quarantaine d’acteurices des sauvetages, volontaires, communes, associations et Bruxelles Environnement se sont réunis le 12 février pour améliorer l’organisation des sauvetages, mais aussi pour nourrir les futurs plans Renature Bruxelles et de restauration de la Nature européen.  

 

Une soirée sur les sauvetages à Montigny-le-Tilleul en mai

En mai, suite à la demande de la commune de Montigny-le-Tilleul, 25 volontaires des sauvetages, du pôle Raînne et de la régionale Entre Sambre et terrils se sont réunis pour se former à l’identification des espèces et pour échanger les bonnes pratiques d'organisation et de terrain. 


À vos agendas !

Une journée sur les sauvetages à Modave en novembre 2025

Le 15 novembre prochain, nous organisons une rencontre sur les sauvetages au CRIE de Modave, pour tous les volontaires. Nous décentrons ainsi l’habituelle journée annuelle organisée à Namur. Elle se fait en collaboration avec les volontaires de la régionale Condroz mosan et du pôle Raînne. Nous y parlerons des défis d’organisation des sauvetages et vous pourrez aussi participer à un atelier d’identification des espèces.

Les sauvetages en 2026

L’accent sera à nouveau mis sur la sécurité. Les 10 et 11 février 2026, nous voulons à nouveau organiser l’action “Sécurité sur les routes” conjointe avec les polices locales et les communes.

Notre objectif pour 2026 est d'organiser au minimum une action par Province. Nous comptons sur vous pour nous aider à atteindre notre objectif et ainsi faire de l'événement une action nationale pour avoir un plus grand retentissement auprès de la presse. N’hésitez pas à sonder les disponibilités de votre commune et de la police avant de choisir une des deux dates.

Encore un énorme merci à tous les acteurs impliqués dans cette opération !

Aude Jacomet

 

Crédits photos : Lionel Lebon

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