Sciences participatives : la force du nombre au service de la science

Ces dernières années les termes "sciences participatives", "recherches participatives", "sciences citoyennes, "public engagement", "crowdsourcing", bénéficient d'une couverture médiatique accrue. C'est le signe d'un intérêt croissant du grand public pour ces nouvelles initiatives qui foisonnent à travers le monde. Mais au fond... de quoi s'agit-il ?

Chez Natagora, les occasions d'utiliser le site https://observations.be ne manquent pas : opérations de recensement exceptionnelles comme le "défi des 1000 espèces", observations ponctuelles dans le cadre de balades, opérations annuelles de sauvetage des batraciens, inventaires dans le cadre de conventions officielles, etc. 

Cet outil permet à notre réseau d'observateurs d'encoder ses observations naturalistes et, cerise sur le gâteau, il est disponible en version mobile. Si vous vous êtes déjà servi de ce site vous avez, peut-être à votre insu, utilisé un outil dit de "science participative".

Un nouveau concept ?

Dans sa synthèse de mission(1), François Houllier, en donne la définition suivante :

sciences participatives : formes de production de connaissances scientifiques auxquelles des acteurs non-scientifiques-professionnels — qu’il s’agisse d’individus ou de groupes — participent de façon active et délibérée.

 

Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une nouveauté. À la lecture du rapport, il apparaît que "les sciences participatives existent de fait depuis plusieurs siècles. Elles se sont transformées au gré des évolutions de la société et de l’organisation de la recherche. Leur développement s’est accéléré au cours des dernières décennies (...) Si leur place reste modeste en termes de production scientifique, leur développement s’est accéléré ces dernières années et leur impact sociétal a fortement augmenté. Ce développement est appelé à se poursuivre, sous l’effet conjugué des évolutions technologiques (notamment liées à la révolution numérique) et des transformations socio-politiques (aspiration à la participation, revendication de la compétence citoyenne, reconnaissance de la complexité des enjeux, diversification des acteurs de la recherche et de son financement)."

Ce qui est nouveau c'est plutôt le succès que rencontre cette approche depuis quelques années !

 


ARTE Future - "Un bol d'oxygène" - épisode sur "La science participative"

Les raisons du succès

Un des facteurs expliquant le succès public de ces initiatives se situe dans des objectifs souvent symboliquement marquants (la mission "Backyard Worlds : Planet 9"(2) lancée en février 2017 par la NASA a pour objectif de détecter la neuvième planète du système solaire; le projet SETI(3) est à la recherche de vie extraterrestre depuis 50 ans; le projet Galaxy Zoo(4) permet de partir à la découverte de de nouvelles classes de galaxies) et des résultats très concrets (un serious game(5) a permis de déterminer la structure de protéines liées à la transmission du virus HIV). Ces avantages viennent souvent contrebalancer l'effort de patience qu'exigent ces recherches.

L'implication demandée aux participants peut prendre différentes formes : a minima il s'agit de laisser son ordinateur travailler pour soi, de participer à des jeux ou d'activement procéder à des recensements, traductions etc. Dans tous les cas, l'utilité des données recueillies réside en partie dans leur quantité. Des efforts de pédagogie et de sensibilisation sont souvent menés de pair avec le déploiement de ces outils afin tenter de collecter des données qualitatives.

Notons l'existence de nombre de projets naturalistes, ne serait-ce que sur le site Zooniverse(6) : reconnaître des girafes ou des porc-épics, compter les fleurs pour les bourdons, etc… mais pas que !

Une des autres clés de la popularité du phénomène est la diversité des sujets concernés : astronomie, biologie, environnement, agronomie, médecine, littérature... chacun peut y trouver son compte et nous ne sommes pas en reste en Belgique(7)!

Partant du constat qu'il y a plus d'idées dans 1000 cerveaux que dans un seul, cette forme de recherche instaure un rapport gagnant-gagnant entre les chercheur et le grand public.

Quant à nous, tout ceci nous conforte dans l'idée que sans volontaires le monde serait un endroit décidément bien différent !

En savoir plus

(1) : Le 19 février 2015, François Houllier est missionné par les ministres français en charge de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour conduire une mission sur les sciences participatives. Lire le rapport : http://www.sciences-participatives.com/Rapport

(2) : "9e planète : jouez au détective de l'espace" sur Le Parisien : http://www.leparisien.fr/societe/video-sciences-jouez-au-detective-de-l-espace-06-03-2017-6735438.php 

(3) : "Dossier spécial sur le programme SETI" sur FUTURA SCIENCES : http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/astronomie-seti-recherche-vie-extraterrestre-994/ 

(4) : https://www.galaxyzoo.org 

(5) : "Les joueurs de Foldit font progresser la recherche contre le Sida" sur FUTURA TECH : http://www.futura-sciences.com/tech/actualites/informatique-joueurs-foldit-font-progresser-recherche-sida-33664/.
En parlant de serious game... connaissez-vous le nôtre? --> NOWATERA

(6) : https://www.zooniverse.org/projects?discipline=nature&page=1&status=live 

(7) : Les sciences participatives en Belgique : http://www.ecoconso.be/fr/content/les-sciences-participatives